dimanche 20 avril 2014

Tunisie – Marzouki et Jomâa : Que veulent-ils insinuer ? Où veulent-ils en venir ?

La dernière décision en date du président provisoire Moncef Marzouki de réduire de deux tiers son salaire, pourrait être comptée dans le cadre de sa campagne électorale qu’il a débutée depuis déjà un bout de temps. Mais quand cette décision est assortie de celle, similaire, prise en conseil des ministres, en rapport avec l’amputation de 20% des salaires des membres du gouvernement, cela commence à devenir, pour le moins, louche !
Car si on reprenait le fil des scènes qui se sont succédé ces derniers jours, concernant l’état des finances dans le pays, il y a gros à parier, que tout cela tend vers l’obligation du citoyen, les fonctionnaires en particulier, à accepter des coupes conséquentes dans les salaires à venir.
Cela a commencé, mine de rien, par une déclaration quasi officielle de la faillite de l’Etat. Puis, comme ces tunisiens sont devenus assez lourds de jugeote, on leur agita, quelques jours plus tard, le spectre de la possibilité de l’incapacité de l’Etat d’honorer les salaires des fonctionnaires. Cela a suffi à installer la psychose parmi les citoyens, enfin tirés de leur torpeur.
C’est alors, que commença le « jeu » psychologique : Après avoir fait redouter le non paiement des salaires, on lance sur les plateaux des médias des ministres qui assurent que l’Etat fera tout pour honorer ses engagements envers ses fonctionnaires. Puis on concèdera que cela se fera moyennant des mesures « douloureuses »… Le tunisien pourra, alors, respirer, Il l’a échappé belle, du moins, pour cette fois, pour ce mois. Mais le fait est, que désormais, le fonctionnaire appréhende sérieusement la possibilité qu’il ne soit pas payé à la fin de l’un de ces mois à venir.
Et voilà, le tour est joué ! Maintenant, il ne reste plus qu’à « montrer l’exemple », en faisant l’annonce du geste, Ô combien « héroïque », de ces messieurs dames du gouvernement et du président provisoire de la république, qui ont concédé des sacrifices financiers « pour le bien du pays ». A partir de là, quoi de plus normal et logique, que de demander au citoyen de faire, lui aussi, un noble geste pour son pays, en acceptant que son salaire soit amputé ?
Et quoi de plus normal que le citoyen accepte cette concession ? Après tout, il a failli rester sans salaire du tout. Donc du coup, il peut s’estimer heureux qu’on se limite à ne lui en prélever qu’une partie.
Mais de combien comptent-ils, au fait, diminuer les salaires ? De 20% pour copier sur l’exemple des ministres ? Ou alors, se contenteront-ils d’une coupe de 10%, comme quoi, ce sont finalement les ministres qui auront fait le plus de sacrifice ?
Gageons que les réponses à toutes ces questions ne sauront plus tarder !

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