vendredi 18 avril 2014

Tunisie : Kidnapping du diplomate tunisien à Tripoli, sit-in de solidarité et de protestation du personnel du MAE


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Ce matin, le personnel du Ministère des Affaires Etrangères, toutes catégories confondues, a tenu, dans le calme, le recueillement et la compassion,  un sit-in pour d’abord exprimer leur solidarité avec leurs collègues, Laâroussi Gantassi, jeune diplomate tunisien, et Mohamed Bencheikh, agent local tunisien, exerçant tous les deux à l’ambassade de Tunisie à Tripoli, kidnappés par un groupe d’individus inconnus respectivement le 17 Avril et le 21 Mars 2014, ensuite mettre en avant les conditions précaires de sécurité dans lesquelles travaillent les diplomates et autres agents tunisiens , et enfin exhorter l’Etat de tout mettre en œuvre pour la libération de leurs deux collègues.
L’insécurité de certains postes diplomatiques tunisiens n’est pas nouvelle, des exactions et des forfaits ont été déjà commis par le passé. Donc, c’est un incident récurrent et non moins grave que le Ministère des Affaires Etrangères n’a jamais traité que d’une manière ponctuelle, au cas par cas,  réagissant après coup, quand le mal est déjà fait, sans jamais prendre le problème à bras le corps,  réfléchir à une parade définitive et mettre en place une stratégie globale pour sécuriser et immuniser les postes diplomatiques et leur personnel. Que ce Département cesse d’attendre que la balle soit bien partie, causant moult dégâts, pour réagir et se démener en vue de trouver une issue.
D’ailleurs, il est tout aussi inconséquent qu’irrationnel qu’aucune formation en matière de sécurité ne soit fournie aux diplomates et agents tunisiens avant de joindre leurs postes à l’étranger, plus particulièrement dans les pays où l’insécurité et l’instabilité sévissent. Il est hautement recommandé que le Ministère des Affaires Etrangères revoie sa copie et planche sur cette question d’une manière approfondie, transversale, sérieuse, permanente et opérationnelle.
Nul doute qu’une formation préalable en matière de sécurité ne résout pas complètement le problème, loin s’en faut, le danger pèsera toujours, mais au moins le risque serait moindre si le diplomate ou l’agent en question disposait d’un cursus pratique et pouvait, par conséquent, s’appuyer sur un ensemble de réflexes et de techniques d’anticipation ou de défense.
Dans ce malheureux épisode, on peut au moins tirer ne serait-ce qu’un seul enseignement de nature à tordre le cou à cette image déformée du diplomate tunisien vivant dans le confort et l’opulence. Il est temps de rectifier le tir et de corriger cette perception erronée, voire même faussée. Il est important de préciser que le diplomate tunisien est le moins rémunéré au monde, selon le classement établi par les Nations Unies, et assume parfois ses tâches dans des conditions de travail pour le moins contraignantes, pour ne pas dire pénibles et démotivantes, tant sur le plan matériel et professionnel qu’au niveau des ressources humaines et logistiques.
En conclusion, et à titre illustratif, il y a quelques années à Genève, ville pourtant réputée pour sa haute sécurité, un diplomate égyptien a été abattu, par deux balles en pleine tête, sur le parking de son building, situé dans un sous sol verrouillé, accessible uniquement par un code. C’est les risques du métier diraient d’aucuns, et ils n’ont pas tort, mais, d’un autre côté, la décence et l’équité commandent de juger le diplomate en général, notamment tunisien dans le cas de figure, sur son œuvre, son apport, son mérite et sa conduite et non pas sur le prétendu vie de faste dont il mord à pleine dent, idée que la réalité quotidienne du diplomate tunisienne dément à plates coutures.

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