Au rythme heurté et
controversé où évolue le processus de négociation sur le projet de loi
électorale, ajouté à une quantité ahurissante de propositions
d’amendement (au nombre de 473) touchant nombre d’articles, sur le fond
comme sur la forme, dont la commission de la législation générale à
l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) est saisie plutôt bombardée, le
risque de blocage n’est pas une vue de l’esprit mais une sombre
perspective bien tangible. Si l’on juge que les normes internationales
préconisent un délai de huit (8) mois pour préparer l’opération
électorale d’une manière transparente, neutre, objective , efficiente et
démocratique, il est donc impératif que la loi électorale en question
soit promulguée avant fin Avril 2014 pour que les élections
présidentielles et législatives puissent se tenir en temps voulu, soit
en Décembre 2014, sinon il y aura forcément et immanquablement
infraction de la constitution.
Les amendements portent sur divers volets dont les plus importants sont comme suit :
- Immunisation politique de la révolution
- Interdiction aux membres du gouvernement Mehdi Jomâa de se présenter aux élections
- Restriction des infractions électorales
- Réduction des sanctions
- Autorisation aux militaires de participer au vote,
Dans ce large éventail de propositions,
il est manifeste que la clause liée à l’immunisation/exclusion (fameux
et non moins obscur article 15) constitue la principale pomme de
discorde et la ligne la plus brûlante de la polémique. La divergence
divise déjà l’ANC et la classe politique. Et paradoxalement, alors que
les deux cadors de la scène politique, à savoir Ennahdha et Nida Tounes,
s’opposent à toute forme d’exclusion, les partis satellitaires comme
CPR et Wafa en font leur nouveau cheval de bataille. Une pétition dans
ce sens a été même circulée. Il est tout aussi étonnant et non moins
malheureux que Ettakatol et Alliance Démocratique, formations politiques
connues pour leur positionnement modéré et enraciné dans la mouvance
démocratique semblent nourrir des velléités d’exclusion.
En tout état de cause, l’article 146 de
la Nouvelle Constitution Tunisienne stipule, dans son paragraphe 3,
que les élections présidentielles et législatives auront impérativement
lieu au plus tard fin 2014. Par conséquent, tout dépassement bafoue la
constitution.
Quant à la clause
immunisation/exclusion, d’aucuns estiment que les partisans sont mus
beaucoup moins par une pure position de principe que par un intérêt
strictement électoral. En dernière analyse et tout compte fait, au vu
des forces en présence au sein de l’ANC, si la question est soumise au
vote, les disciples de la punition collective se casseront les
dents…démocratiquement.
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