mardi 15 avril 2014

Samia Abbou ou l’art consommé de la contradiction


samiaabbouPrenant son courage à deux mains, n’entendant que sa fibre partisane, la députée Samia Abbou a claqué la porte de l’ANC et gelé son adhésion comme forme de protestation contre le verdict prononcé par la Cour d’appel militaire, le Samedi 12 avril 2014, dans le procès portant sur les blessés et martyrs de la révolution. Bien sûr, personne ne lui conteste le droit de choisir son type de réaction, sa position et son camp, loin s’en faut, mais il y a une grosse nuance à apporter.
Samia Abbou, qui n’a jamais brillé par sons sens de la symétrie et de la conséquence, se réserve aujourd’hui le droit qu’elle a pourtant refusé à d’autres. En effet, suite au lâche assassinat de feu Mohamed Brahmi, plus de 70 députés de l’opposition à l’ANC ont décidé le gel de leur adhésion et le lancement d’un sit-in devant l’Assemblée puis au Bardo. En ce moment-là, Samia Abbou était sortie de ses gonds, l’œil mauvais et la voix critique, pour fustiger le mouvement et pointer un doigt inquisiteur sur les auteurs dont les principales revendications étaient la chute du gouvernement, la dissolution de l’ANC et la constitution d’un gouvernement indépendant, demandes que Samia Abbou ne partageait aucunement, pour des raisons strictement politiques et partisanes.
Aujourd’hui, elle franchit le Rubicon telle une boule de nerfs, sans mesurer ni son coup ni la situation. Aucun scrupule ne l’a dissuadée à sauter le pas, celui-là même sur qui elle a bombardé tout son fiel quand d’autres députés, opposés à sa Troïka et à son parti, ont décidé de faire. Deux poids, deux mesures diriez-vous ? A moins qu’il s’agisse d’une myopie politique ou d’une cervelle qui louche et boite à la fois et en même temps.  La mémoire est têtue, comme ont dit !

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